Auteur Sujet: Entre parias. [PV ZAFIR]  (Lu 538 fois)

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Hors ligne Rorlia Sha Finsar

Entre parias. [PV ZAFIR]
« le: 29 avril 2018 à 13:43:19 »
Debout, devant une horloge dont les multiples pendules s’agitent sur un rythme régulier, Rorlia songe. Elle avait trouvé amusant de créer une horloge possédant trois pendules, même si cela s’était avéré être un frein pour ajouter un mobile, chose dont l’objet se passait donc. Cependant, après réflexion, il lui semble que le triple cliquetis des pendules, une fois arrivés à l’extrémité d’un mouvement, a quelque chose d’agaçant. Toutes les pendules et les petites créations cliquettent, claquent, ronronnent et bruissent dans la pièce, mais la chatte s’est depuis longtemps faite à la cacophonie discrète, elle y trouve même une forme d’harmonie apaisante. Et le claquement dupliqué de l’horloge trouble la ritournelle de l’échoppe, ce n’est pas acceptable.

Elle se saisit donc de l’horloge avec délicatesse et se dirige vers son comptoir. Il est temps de trouver une solution à ce soucis qui n’a que trop duré. Outre la suppression d’un désagrément d’ordre secondaire Rorlia cherche surtout à s’occuper. L’ennui est un compagnon qu’elle connaît bien, il la visite souvent dans sa boutique, vide du matin au soir la majorité des jours, avant et après le passage de clients les rares fois où ils se présentent. Elle a sut s’y faire, en bricolant des babioles alambiquées qui rencontrent souvent un succès étonnant en comparaison de ses horloges utiles et réellement dignes d’intérêt selon elle.
Assise derrière son comptoir Rorlia désosse donc lentement l’horloge, avec un soin chirurgical qui donne à chaque rouage un emplacement précis sur le plan de travail. Ses outils s’alignent, impeccablement parallèles, et le temps passe sans qu’elle n’y prête une grande attention. Bien souvent les jours semblent glisser au dehors, comme l’eau contournant une pierre dans la rivière, Rorlia se trouve dans son rocher immuable. L’air bruit de la vie discrète des objets s’activant sans trêve, mais pas un souffle ne dérange le silence calfeutrant ce monde discret. Alors Rorlia s’immerge dans sa bulle et invente, des schémas compliqués se traçant dans son esprit.

Hors ligne Zafir Hahir

Re : Entre parias. [PV ZAFIR]
« Réponse #1 le: 29 avril 2018 à 14:14:01 »
Zafir hésita devant l’entrée du donjon. Kanabo était un lieu réputé, les monstres en parlaient en bien pour la plupart, et la région entière semblait en connaître l’existence. De nombreuses rencontres sur les chemins lui parlaient même de parents y séjournant et prospérant facilement. Le donjon semblait donc être un havre de paix et d’abondance pour ceux qui, comme elle, devaient affronter la haine humaine à l’encontre des monstres, mais en plus personne ne connaissait l’Arbre Jaune dans cette contrée. Zafir en était venue à ne plus espérer qu’un jour comme celui ci arrive, elle semblait enfin exorcisée du spectre de ses origines.
Pourtant la tour lui faisait peur. Elle était proprement énorme, Zafir ne voyait même pas comment elle pouvait tenir debout. Dans son pays un tel édifice se serait retrouvé à terre avant même d’avoir finit. Elle peinait autant à imaginer le donjon comme un édifice solide qu’à se représenter la quantité d’individus possiblement contenue dans ses entrailles de pierre. Un frisson lui parcourut l’échine, elle n’était plus certaine de vouloir y entrer, si quelque chose tournait mal pour elle il n’y aurait pas de sortie de secours, elle serait bloqué. Mais il s’agissait aussi de l’endroit le plus prometteur, alors elle se fit une raison.

Elle dépassa d’un pas rapide quelques passants, espérant que sa capuche rabattue sur son visage lui permettait de passer facilement inaperçue. Elle détestait attirer l’attention sur elle, surtout celle des étrangers, cela lui faisait l’effet d’être une bête traquée. Lorsqu’un garde baissa les yeux sur elle elle esquiva le regard et se glissa entre deux personnes pour passer les portes.
L’intérieur était grand. Un hall gigantesque s’ouvrait devant elle, des escaliers monumentaux au fond, et de nombreux bancs parsemant l’espace disponible dans lequel des groupes de tailles variées s’agglutinaient.
Sa houppelande voletant autour d’elle l’elfe slaloma entre les groupes, évitant autant que possible une trop grande proximité, et monta rapidement les escaliers vers les premiers étages. Bien que la proximité l’angoisse elle était aussi curieuse de découvrir ce donjon dont tout le monde parlait. Il s’y trouvait des boutiques, un corps de gardes, une bibliothèque, des choses dont peu de villes pouvaient de vanter, et toutes regroupées. Si elle parvenait à se faire une place dans un lieu aussi privilégié sa vie deviendrait réellement tranquille comparée à ce qu’elle était jusqu’à lors.
C’est ainsi qu’elle poussa une porte au hasard, après quelques minutes de déambulation au milieu des échoppes. Elle choisit une boutique arborant un gros rouage comme enseigne et une petite fiole fumante par dessus. Ce semblait être un magasin comme un autre, bien que, comme elle s’en aperçut rapidement une fois entrée, il soit presque complètement vide.